Voici une suite de poèmes en acrostiches avec ce nombre d'or. L'auteur de ces couplets est Robert Bonnefoy un véritable poète et un ami du net.

Pour accéder à son site cliquez sur la bannière ci-dessous.

 

 

RETOUR

 


 

 

La source jaillissait sous un bloc d’améthystes,

 

Entre deux gros névés en bas du glacier...

Avec des perles d'eaux aux éclats futuristes,

Un gel avait sculpté par ses dons d'alchimiste

Vitres et stalagmites sur le roc fascié...

Avec ce gargouillis, quelques sons d'acier

Agrémentaient le calme et la paix de ces schistes...

 

La source jaillissait sous un bloc d’améthystes.

 

Accrochés aux talus d'un sol nourricier,

Rampaient quelques silènes, aux tons surréalistes,

Irradiant leurs fleurs roses sur de noirs micaschistes...

Vieillissant sous un cairn, d'un jaune outrancier,

Il y avait un grand génépi princier...

Et de chaque moraine, aux sentes d'alpinistes,

Ruisselait l'eau de fonte, recouvrant jusqu'aux pistes,

Emportant et roulant un flot apprécié...

 

 

 

La source jaillissait au cœur de Belledonne.

 

Entre deux gros rochers d'un très joli granite

Avec des lichens roux ourlés d'un très beau jaune...

Un petit filet d’air baignait une anémone

Vibrant sous les fougères près d'une clématite...

Accrochés au talus, sur une eau presque atone,

Aconits et crocus berçaient une ammonite...

 

 

La source jaillissait au cœur de Belledonne.

 

Après quelques ressauts, une pente subite,

Réveillait le doux flot de son lit monotone

Induisant alentour une fraîcheur friponne...

Véhément dans l'alpage, le fier torrent palpite

Inhibe son ardeur, et de nouveau médite

Entre un vert mamelon et un pré, qui frissonne...

Rêvant sous un sapin, une vache mâchonne,

Entre ses grosses dents un pied de marguerite...

 

 

 

La source jaillissait là-haut sur les sommets

 

Entre deux rocs veinés d'un massif cristallin.

Avec beaucoup d'efforts, les ruisseaux clairsemés

Unirent leurs ardeurs pour franchir sans déclin

Vallons et grands alpages, éboulis ou tremplin...

Au cours de leurs périples, les flots amalgamés,

Avaient sur leurs chemins baignés un vieux moulin...

 

La source jaillissait là-haut sur les sommets

 

Assise près de là, jolie et l’œil câlin,

Rêvait une bergère à son beau bien - aimé...

Il n'y avait pourtant dans ce pré parfumé,

Vaquant à ses soucis, qu'un vieil âne orphelin

Il y avait aussi, les toits d'un patelin

Entre un bois de bouleaux et un pont déformé...

Rayonnant ses éclats, un lac sous la ramée

Envoyait son trop plein vers de longs champs de lin...

 

 

 

La source jaillissait dans les Alpes lointaines,

 

Et le ruisseau roulait de verts et noirs galets,

Alors que sur les berges, un calcaire homogène

Uniforme et jaunâtre tranchait sur quelques chênes...

Voguant sur le flot clair, un vieux tronc mutilé

Avançait en tournant son bois couleur d'ébène.

 

La source jaillissait dans les Alpes lointaines

 

Auprès d’un grand hangar ceint par des barbelés

Remuaient des moutons tout prêts à s'emballer.

Il y avait plus loin, à l’allure hautaine,

Veillant sur la campagne, un château d’eau sans gêne.

Isolé mais voyant, un pont neuf bien dallé

Enjambait le ruisseau désormais étalé :

Rien ne l'empêchait plus de s'écouler sans peine

Et de rejoindre, enfin, la mer au goût salé...

 

 

 

Voilà.

Il y a quatre poèmes écrits avec 1, puis 6, puis 1, et 8 vers.

 ( 1,618 )

Le 1 revient comme une sorte de "refrain" dans le poème.

 

Le premier poème voit l'eau à sa source, sur les glaciers. (Source)

Le second, le "promeneur" suit le cours d'eau et se trouve maintenant dans les alpages. (Torrent)

Le troisième, il voit le cours d'eau dans la haute campagne. (Ruisseau)

Le quatrième, il voit le cours d'eau dans la basse campagne. (Rivière)

 

Chaque fois, l'acrostiche est la pour se souvenir que "l'eau va à la rivière".

 

Enfin, le premier poème a des rimes féminines et masculines

( entrecroisées )

Le dernier a les mêmes rimes.

Les deux poèmes du milieu, ont pour le premier des rimes uniquement féminines, et le second, des rimes uniquement masculines. ( Rimes toujours entrecroisées)